Vangelis

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Vangelis - Maître de la musique électronique

Maître de la musique électronique

Naît en 1943 à Volos, en Grèce. Enfant précoce, il se met à composer dès l'âge de 4 ans sans aucune notion de solfège. En 1960, durant son adolescence, Vangélis poursuit sa passion pour la musique et intègre un groupe de jazz réputé en Grèce, The Forminx.

Quelques années plus tard, il décide de rejoindre les mouvements contestataires de mai 1968 et se rend à Paris. Avec les artistes Demis Roussos et Loukas Sidéras il forme un groupe de rock progressif : Aphrodite's Child. Alors que le groupe est sur le point de se séparer, Vangélis sort un album solo en 1971 intitulé " Fais que ton rêve soit plus long que la nuit " directement inspiré des émeutes de 1968.


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Un an plus tard, le groupe se dissout et Vangélis rejoint le réalisateur français Frédéric Rossif afin de composer pour lui plusieurs illustrations sonores pour ses documentaires, comme L'Apocalypse des Animaux ou La Fête Sauvage. C'est le début d'une passion pour les bandes originales.

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Son premier album solo officiel, Earthest publié en 1973 sous le nom de Vangelis O. Papathanassiou. Durant l'été 1974, le groupe de rock progressif Yes lui propose d'intégrer le groupe après le départ de leur claviériste Rick Wakeman. Vangelis refuse, estimant que cela pourrait nuire à sa créativité et à son style. Il se lie tout de même d'amitié avec le chanteur Jon Anderson avec qui il travaillera ensuite à plusieurs occasions.
Heaven and Hell en 1975, C’est le premier album où le musicien va se présenter sous l’unique nom de Vangelis, reléguant Papathanassíou aux archives.

Cet album, publié en 1975 et enregistré à Londres, est une véritable petite symphonie électronique et vocale qui, comme son titre l’indique, est divisée en deux parties : le paradis et l’enfer. Chaque face de votre vinyle vous fera donc vivre un univers musical différent. « Heaven And Hell » va concrètement apporter les premières bases du futur travail de Vangelis.

Vangelis travaille très vite, et seulement un an après « Heaven And Hell », voilà qu’apparaît « Albedo 0.39 ». Et lorsqu’on parle de cet album (plutôt expérimental au demeurant), on ne peut que penser au morceau « Pulstar », véritable hymne de la musique électronique (ultra diffusé en guise de générique pour la télévision et la radio). D’ailleurs, Vangelis commence à devenir un spécialiste incontesté pour créer des thèmes inoubliables. C’est également dans cet album que l’on croise le morceau « Alpha », qui se retrouvera placé sur la face B du 45 tours publié en parallèle à « Albedo 0.39 ».

Quant au titre de l’album, il fait référence à un calcul scientifique portant sur la réflexion et l’absorption de la lumière solaire ; celle-ci s’exprimant soit en pourcentage soit par un chiffre situé entre 0 et 1, il est conclut que l’albédo de la Terre est de 39% (ou 0,39), d’où le titre de cet album.


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La pochette mythique de « Spiral » est peut-être, qui sait, un emprunt involontaire au travail de Trevor Key pour « Tubular Bells » de Mike Oldfield ? Au-delà de ça, c’est l’un des premiers albums de Vangelis qui se veut plutôt accessible au grand public, malgré la longueur de ces morceaux progressifs et, intrinsèquement, par le nombre réduit de ses pistes. Désormais reconnu comme un créateur de thèmes hors pair, Vangelis en use. Fidèle à lui-même, Vangelis introduit l’album avec un morceau empruntant une nouvelle fois les allures d’une symphonie électronique.

Nous sommes en 1977, et les synthétiseurs n’ont plus que quelques années avant de connaître une révolution numérique. Vangelis opte alors pour le très analogique Yamaha CS-80, doté d’un clavier sensible et véloce, et va l’utiliser au-delà de ses capacités pour en retirer un son avant-gardiste ; c’est ainsi que « Spiral » est habillé par un choix sonore totalement novateur pour l’époque.

L’album accueille également le très populaire « To The Unknown Man » qui deviendra, en France, l’indicatif de l’émission ‘La Vie Qui Va » diffusé sur France Inter. Enfin, soulignons le texte inscrit sur la pochette avant : « going on mean going far… going far means returning » extrait du texte taoïste « Dao De Jing ».

« China » Un album sublime, où Vangelis toujours en avance sur son propre temps y exprime dans ses notes toute une saveur asiatique. Le musicien vient de quitter RCA pour Polydor. En écoutant cet opus, on a évidemment une pensée pour « Les concerts en Chine » de Jean-Michel Jarre qui débarquera pourtant trois années plus tard (le rapprochement entre « The Tao Of Love » et « Jonques de Pêcheurs Au Crépuscule » semble évident). « China » amène la fusion des instruments numériques au celui des instruments traditionnels, ce qui lui donne un certain charme. À certains endroits, on peut même y entendre les prémices d’un futur « Antarctica ».

Maitre de la musique électro

En 1980, Vangelis compose deux titres pour la bande originale du documentaire britannique Death of a Princess. La même année, il produit en duo avec Jon Anderson (sous le nom de Jon and VangelisShort Stories puis The Friends of Mr. Cairo en 1981.
En 1981, il travaille avec le réalisateur Hugh Hudson pour composer la bande originale des Chariots de feu. En 1982, la consécration lui vient avec l'Oscar de la meilleure musique de film. Il n'est pas présent pour recevoir le prix, c'est le présentateur William Hurt qui récupère le prix à sa place. Cette même année il commence à travailler avec le réalisateur Ridley Scott. Il compose alors la musique de Blade Runner, pour laquelle il est nommé au BAFTA Awards  ainsi qu'aux Golden Globes en 1983.
« Soil Festivities » moins populaire que d’autres albums de sa discographie, il mérite néanmoins d’être découvert et écouté. Pour le musicien, c’est un peu une sorte de retour aux sources, même si l’on y ressent tout de même toute l’expérience supplémentaire qu’il aura acquise au fil des années. Par la même occasion, il amorce avec le contemplatif « Soil Festivities » un triptyque d’albums hyper intéressants (« Mask », « Invisible Connections »). Vangelis se fait plaisir, ne cherchant pas à capitaliser sur son travail, et dénué d’ambition de vendre des millions de copies. C’est la période la plus intéressante du pionnier.

En 1990. Vangelis sort totalement du cadre avec « The City », qui vous emmène dans les confins d’une ville futuriste. Saxophone, boîtes à rythme, piano électronique, voix féminine parlée (ici apportée par l’actrice Emmanuelle Seigner) se mélangent dans cet album atmosphérique, à l’ambiance urbaine ultra communicative.

« The City » s’avère totalement inscrit dans l’ère du temps au moment de sa publication. Fait surprenant, l’opus fût enregistré dans une chambre d’hôtel à Rome dans laquelle Vangelis séjournait pour assister au tournage du film « Bitter Moon » de Roman Polanski. Comme quoi, ce n’est pas toujours le lieu qui fait naître un bon album.

En 1991, Vangelis est membre du jury au Festival de Cannes. L'année suivante, il compose la musique de plusieurs documentaires sous-marins du commandant Jacques-Yves Cousteau.
En 1992, la France le fait Chevalier de l'Ordre des arts et lettres. Cette même année il retrouve Ridley Scott pour la musique du film 1492 : Christophe Colomb, récompensée une fois de plus par une nomination aux Golden Globes en 1993. Il compose la musique du film Lunes de fiel de son ami Roman Polanski.

Vangelis sort en 2001 Mythodea , thème des missions vers la planète Mars pour le compte de la NASA. L'année suivante il compose l'hymne de la Coupe de monde de football en 2002.

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Après plusieurs années d'absence il revient, en 2004, à la musique de film avec la bande originale du film d'Oliver Stone, Alexandre. Épique, majestueux, poignant, Vangelis y apporte tout son savoir-faire, lui qui avait pourtant déserté pendant douze années la composition pour le cinéma. La technologie étant désormais mûre, et son expérience n’étant plus à prouver, le musicien grec apporte une B.O. sensationnelle, avec plusieurs degrés de lecture et des multi thèmes dont lui seul a le secret.

Tout en conservant la patte atmosphérique qu’on lui connaît, il mélange les instruments traditionnels aux nappes numériques avec talent, en n’oubliant pas d’y intégrer des chœurs puissants et dignes d’un opéra tragique. « Alexander » est un bijou sonore, et une forme d’apothéose dans la carrière de Vangelis, l’enregistrement symphonique étant enfin rentré en parfaite symbiose avec le maître contemporain et reçoit le World Soundtrack Award, dans la catégorie Public Choice Award, en 2005.

En 2007, il compose la bande originale d'El Greco.

En 2012, Vangelis compose la bande originale du documentaire Trashed de Candida Brady. La même année, Les Chariots de feu apparaît lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de 2012.

En 2014, il compose la bande originale du film Crépuscule des ombres dont le sujet est la guerre d'Algérie. En 2016 sort l'album Rosetta composé pour la mission de la sonde Rosetta lancée par l'Agence spatiale européenne en 2004, et dont la mission s'est achevée le 30 septembre 2016.

Le roi de la musique électronique  meurt le mardi 17 mai 2022 , dans un hôpital français des suites de la Covid à l'age de 79 ans.

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Commentaires

  1. C'est tellement cool qu'il se soit impliqué très tôt dans des groupes comme Aphrodite's Child, ils ont dû contribuer à façonner son style progressif. Et c’est génial qu’il ait également travaillé sur la bande originale avec de grands réalisateurs. J'étais fasciné d'apprendre comment il a été le pionnier de trucs comme le synthétiseur Yamaha CS-80 sur des albums comme Spiral également. Les sons qu'il obtenait du matériel devaient être totalement avant-gardistes. Je me demande à quoi ressemblaient certains de ses albums solo ultérieurs, il faudrait peut-être approfondir davantage la discographie. Dans l’ensemble, c’est un immense respect pour tout ce qu’il a apporté à la musique électronique. Un vrai pionnier !

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